Argiles, fissures, sécheresse : la bombe à 43 milliards qui pèse sur votre assurance habitation

Argiles, fissures, sécheresse : la bombe à 43 milliards qui pèse sur votre assurance habitation

17 août 2026 6 min de lecture
Retrait gonflement des argiles, fissures, sécheresse : comment ce risque RGA à 43 milliards d’euros menace votre maison et votre assurance habitation en France.
Argiles, fissures, sécheresse : la bombe à 43 milliards qui pèse sur votre assurance habitation

Retrait gonflement des argiles : un phénomène massif pour les maisons françaises

Le retrait gonflement des argiles est devenu le premier poste d’indemnisation climatique en assurance habitation, devant les inondations et les tempêtes. Ce phénomène de retrait puis de gonflement des sols argileux, appelé phénomène RGA par les assureurs, résulte d’une alternance de périodes de sécheresse intense et de réhydratation des sols par l’eau de pluie. Pour une maison individuelle, ce phénomène de retrait gonflement des argiles se traduit par un mouvement de terrain différentiel qui fissure les murs, déforme les planchers et fragilise la construction.

Les chiffres publiés par la Caisse Centrale de Réassurance montrent que le risque RGA va peser lourdement sur les contrats d’assurance habitation dans les prochaines décennies. Les projections évoquent une aggravation des coûts de catastrophes naturelles liée au phénomène retrait gonflement comprise entre 44 % et 162 % d’ici le milieu du siècle, avec une facture cumulée de 43 milliards d’euros dont 17,2 milliards directement imputables au changement climatique et à la baisse durable de la teneur en eau des sols. Pour les propriétaires, cela signifie un risque structurel sur la maison et sur la valeur de leur patrimoine, car les maisons construites sur des sols argileux en zones exposées au phénomène RGA deviennent plus difficiles à assurer et plus coûteuses à réparer.

Plus de la moitié du territoire national est aujourd’hui classée en zones exposées au phénomène de retrait gonflement des argiles, avec une exposition moyenne ou forte pour environ 12 millions de maisons individuelles. Dans ces zones exposées, la sécheresse entraîne un retrait du sol en phase de période chaude, puis un gonflement des argiles RGA lors de la réhydratation des sols en phase humide, ce qui crée des contraintes mécaniques importantes sur les fondations. La sécheresse exceptionnelle de 2022 a ainsi généré à elle seule près de 3,5 milliards d’euros d’indemnisations au titre des catastrophes naturelles, et près de 70 % des indemnisations Cat Nat des dernières années sont liées à ce seul phénomène RGA.

Cartes d’exposition, diagnostic de vulnérabilité et reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle

Pour un propriétaire, la première étape consiste à vérifier l’exposition de son sol au risque de retrait gonflement des argiles avant ou après l’achat de la maison. L’État met à disposition une carte d’exposition aux sols argileux qui permet de visualiser les zones exposées au phénomène, avec un niveau d’exposition moyenne ou forte selon la nature du sol et la sensibilité au mouvement de terrain. Cette cartographie officielle, issue notamment des travaux du BRGM, doit être croisée avec un diagnostic de vulnérabilité de la construction afin d’anticiper les travaux nécessaires et d’évaluer le risque pour l’assurance habitation.

Dans les communes exposées au phénomène RGA, la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle par arrêté ministériel conditionne l’indemnisation des fissures liées au retrait gonflement des argiles. Sans reconnaissance de l’état de catastrophe, l’assureur peut considérer que les désordres relèvent d’un défaut de construction ou d’un problème de sol non garanti, ce qui laisse le propriétaire seul face au coût des travaux. La procédure de reconnaissance d’état de catastrophe naturelle reste donc un enjeu majeur pour les maisons fissurées, car elle active la garantie Cat Nat intégrée à l’assurance habitation et permet de mobiliser la surprime spécifique payée par tous les assurés.

Depuis la révision de la surprime Cat Nat, passée de 12 % à 20 % sur les contrats d’assurance habitation multirisque, le financement des catastrophes naturelles liées au phénomène retrait gonflement devient plus visible sur les avis d’échéance. Les familles qui louent ou qui remboursent un crédit immobilier pour leur maison doivent intégrer cette hausse dans leur budget, tout en veillant à ne pas réduire la couverture sur les risques climatiques. Un guide pratique sur la manière de louer sa maison tout en ayant un crédit immobilier, accessible en ligne, rappelle d’ailleurs que la bonne articulation entre crédit, assurance et travaux de prévention est devenue un pilier de la gestion patrimoniale des ménages exposés au risque RGA.

Assurance habitation, travaux et résilience face au changement climatique

Le retrait gonflement des argiles assurance habitation risque devient un sujet central dans la relation entre assureurs et assurés, car la sinistralité explose et les coûts de travaux de reprise en sous œuvre atteignent souvent entre 30 000 et 80 000 euros par maison. Les contrats d’assurance habitation doivent désormais préciser clairement les conditions de prise en charge des dommages liés au mouvement de terrain différentiel, à la phase travaux de stabilisation des fondations et aux réparations des fissures structurelles. Pour les familles, l’enjeu est de vérifier les garanties, les franchises Cat Nat, les exclusions liées à la construction et l’obligation éventuelle de réaliser des travaux de prévention sur les sols argileux.

Les assureurs intègrent de plus en plus la carte d’exposition aux argiles RGA, la nature du sol et la période de construction de la maison pour ajuster le tarif et les conditions de l’assurance habitation. Dans certaines zones exposées au phénomène RGA, un diagnostic de vulnérabilité du bâti peut être demandé avant la souscription ou lors d’un sinistre, afin d’évaluer la sensibilité de la construction au retrait gonflement et à la réhydratation des sols après une longue sécheresse. Les propriétaires doivent aussi surveiller la gestion de l’eau autour de la maison, car les variations brutales de teneur en eau du sol, liées par exemple à un arbre trop proche ou à une fuite, peuvent aggraver le phénomène retrait gonflement des argiles et compliquer la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.

Face à cette bombe climatique et financière de 43 milliards d’euros, les ménages ont intérêt à anticiper les hausses de primes et à comparer les offres d’assurance habitation en fonction de la qualité de la couverture Cat Nat. Un décryptage détaillé de l’augmentation de votre assurance habitation et des moyens d’absorber la hausse sans casser la couverture, proposé par un site spécialisé dans les produits bancaires et assurantiels, montre que la marge de manœuvre se joue souvent sur les options et sur la prévention plutôt que sur une simple baisse de garanties. Dans ce contexte de changement climatique et de multiplication des catastrophes naturelles, la résilience des maisons passe par une meilleure connaissance du sol, par des travaux ciblés sur les fondations et par une assurance habitation adaptée au risque spécifique de retrait gonflement des argiles.